mardi 7 juin 2011

LES FLEURS DE SERGIO

La famille Victorino Martin est entrée dans l'histoire taurine grâce à ses "petits gris" de l'encaste Albaserrada, mais elle élève également des cornus appartenant à d'autres encastes minoritaires. Sous le fer de Monteviejo, des Vega-Villar de la version Cobaleda ; sous le fer d' Urcola, du bétail de cette origine et séparément, d'autres Vega-Villar, ceux de la version Encinas.
Ce sont les représentants du fer d'Urcola que proposait la placita de Captieux pour sa traditionnelle novillada. Qu'elle soit remerciée pour avoir osé proposer autre chose que le sempiternel et, trop souvent, sans grande surprise, sang Domecq.

Trois novillos d'origine Urcola (1, 5, 6), tous colorados et trois Vega-Villar/Encinas (2, 3, 4) dont les deux derniers, "patas blancas", avaient enfilés le traditionnel habit de la maison.
Peu à dire des premiers tiers. Neuf rencontres au total, sans s'employer outre mesure et en se fixant avec franchise au cheval.

Mathieu Guillon n' a pas voulu voir ses opposants. Tel un Javier Conde ou un Morante des "grands" jours, il tenta de faire croire à un public, peu dupe, que les novillos ne permettaient pas.
Si le 4 avait une charge courte qui nécessitait une présentation de muleta adaptée, je cherche encore (et d'autres avec moi !!) les défauts du 1, dont on se saura jamais ce que valait réellement sa corne gauche, faute d'avoir été testée par le montois. Il faudra rappeler à l'apprenti-figurita que les toros ont deux cornes, que le public dépense quelques euros pour acheter une entrée et que l'aficionado a aussi de la mémoire ...

Le mexicain Sergio Flores a coupé un pavillon auditif à chacun de ses novillos, nobles avec une légère faiblesse des antérieurs. Il fut simplement, ce qu'on peut espérer d'un novillero : volontaire, sincère, courageux, inspiré. Le tout avec cette touche de temple et de douceur du poignet (des deux poignets) dans le déplacement du tissu rouge. Egalement à son actif, deux estocades efficaces et de qualité.

Fernando Adrian ennuya face à son premier, court de charge sur la droite et gazapon côté gauche. Le madrilène répéta des passes sans saveur, dénuées de dominio et très au large. En revanche, il s'arrima avec envie, dans un toreo encimista, pour arracher des muletazos méritoires face au piquant sixième, à la charge réduite et dont la tête, restée haute, humiliait très peu.

A noter, le geste de la cuadrilla de Sergio Flores qui, récompensée du prix de la meilleure lidia (face au 5), offrit les 400 € de récompense au jeune mexicain pour, dixit le peon porte-parole : "que Sergio s'achète un capote".
A noter-bis, la zone de pique située à une dizaine de mètres de la sortie du toril et non face à celle-ci. Cela deviendrait-il une "mode" (cf. : Samadet) ? Si quelqu'un peut donner une explication qui, en l'état de mes connaissances, m'échappe !!

Mathieu Guillon : silence - sifflets
Sergio Flores : 1 oreille - 1 oreille
Fernando Adrian : silence - 1 oreille

Aucun commentaire:

Publier un commentaire