lundi 3 octobre 2011

ZAPATO DE ORO 2011


Le soleil d'un été indien qu'on appelle, là-bas, été de St Michel, réchauffe les vieilles montagnes et donne tout son éclat à leur majestueuse couleur ocre. Pins, vignes, oliviers et amandiers viennent parsemer d'un vert soutenu les terrasses cultivées des coteaux. Ocre et vert, les deux teintes dominantes aux alentours d'Arnedo. Ocre et vert, comme les murs de la Arnedo Arena.

Arnedo (La Rioja), Feria du Zapato de Oro 2011.

27/09, novillos de La Quinta.
Lot de belle présentation, dans le type de l'encaste (plus sérieux et plus homogène que certaines corridas lidiées en terres landaises !!). Monopique pour tous. Noblesse encastée pour les 1, 2 (un bon novillo) et 6 (un ton en-dessous), mal ou peu exploités par leurs opposants bipèdes.
Mathieu Guillon : transparent, comme absent. Le corps est dans le ruedo, la tête semble ailleurs. Inquiétant.
Damian Castano : se satisfait du minimum face au 2 qu'il citera de loin, mettant en valeur la belle charge de l'animal. Une oreille généreuse.
Rafael Cerro : loin du niveau de sa prestation dacquoise. N' a pas trouvé le sitio devant l'intéressant 6 qui permettait une faena de qualité.

28/09, novillos de Valdefresno.
Belle présentation. Lot sérieux avec plus ou moins de recorrido. Supérieur le 1, brave et rempli de noblesse encastée (bon novillo). Intéressants les 5 et 6. Monopique pour tous (forte pour le 1).
Conchi Rios : une grande faena devant le premier novillo très encasté . Muleta dominatrice. Du temple avec du dominio. Toreo sincère, profond et engagé. Deux oreilles. La seconde un peu généreuse car il n'y eu qu'une - très bonne- série gauchère.
A revoir. Elle se place pour remporter le zapato de oro.
Victor Barrio : leader de l'escalafon ? Toreo superficiel et voyagiste.
David Galvan : blessé lors de sa première faena. Semblait desconfiado.

30/09, novillos de Pedraza de Yeltes.
Nouveau triomphe de la noblesse niaise. Des novilllos qui servent au troisième tiers avec souvent un manque de fond (excepté pour le 5). Monopique discrète pour tous (plus présents les 4 et 6). Vuelta très généreuse et non légitime pour le 5. Il dura au troisième tiers, avec sa noblesse sans surprise.
Sergio Flores : quelques gestes isolés laissant entrevoir le temple du mexicain.
Alberto Lopez Simon : une personnalité qui passe bien auprès du public local (vainqueur des zapatos de plata y de oro en 2010). Faena inspirée face au 5. Pas toujours centré. Des séries entamées au large, en rapprochant, au plus près, à chaque muletazo, le novillo. Du temple et du ligazon. De l'aguante. De la profondeur. Un air de Talavante. Un toreo assuré qui demanderait plus de sincérité pour être totalement abouti. Deux oreilles. Le tenant du titre devient un sérieux candidat pour une deuxième chaussure d'or.
Luis Gerpe : de la verdeur. Six novilladas à son compteur. En difficulté face au genio du 6.

01/10, novillos de Prieto de la Cal.
Six estampes de novillos. Les photographes se régalent. Cinq jaboneros et un berrendo en melocoton. Cinq décastés et un (le 2), manso avec un léger fond de caste. Peu ou pas de recorrido. La tarde de l'ennui. Pour de "divertir" les penas lanceront une ola, après l'estocade du 5.
Six silences. Alberto Duran, Emilio Huertas, Javier Jimenez ont essayé, avec peu de réussite, de tirer quelques séries en arrachant, un à un, les muletazos. Les deux derniers furent les plus centrés. Jimenez étant, sur sa gauche, un adepte du "profilage" à outrance.

02/10, novillos de Baltasar Iban.
Six novillos de très belle présentation. Quatre (1, 3, 5 et 6), nés en octobre 2007, à quelques jours d'être des toros. Présents face au cheval. 2, 5 et 6 monopiqués ; double ration pour les autres. Le 6 s'emploie fort, avec franchise, dans un très long puyazo. Tous, sauf le 2, genuido, développant cette noblesse encastée qui fait les grands toros, quand elle est comprise et exploitée par les bipèdes. En des mains plus expertes, les 4 et 5 étaient des novillos de vuelta. Le 6 est reparti vivant vers son campo madrilène. Un indulto émouvant et mérité pour un excellent novillo. Un très grand lot. Vuelta finale a hombros du mayoral.
Sergio Blasco et Angel Puerta sont passés à côté de deux triomphes (face aux 4 et 5). Le premier n'a jamais compris qu'il fallait donner de la distance au bicho et l'a étouffé dans un inapproprié toreo de proximité. Le second a mis en valeur les qualités de charge du novillo, mais, est resté très en dessous de son opposant cornu.
Fernando Adrian fut très centré, mais souvent enganché devant le bon 3 qu'il tua d'une épée trasera et de deux descabellos (vuelta avec forte pétition d'oreille justement refusée par la présidente). L'ouvrage qu'il proposa face à Santanero II (le 6) fut d'un remarquable niveau technique et esthétique. Séries citées de loin, liées avec temple, sur les deux bords, en étant centré et dominateur. Au final, un rabo symbolique, bien que la présidente n'ait sorti que deux mouchoirs blancs (sauf à ce que ma vision défaille) et le trophée du Zapato de Oro pour le novillero.

Dans les rues d'Arnedo, à la nuit tombante et en attendant les premières notes du "Pobre de mi", régnait le doux plaisir des tardes d'alegria.

Miguel de Burdeos

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